Pierre Bongiovanni - Intercession
Bernard Huin - La peinture est un tango

Alain Lidralt - La différence

Nils Aziosmanoff - Voyageurs de "l'entre"

Elen Riot - Univers Palimpseste

Koeli Mukherjee Ghose - Mouvement interne
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Pierre Bongiovanni - Intercession
Bernard Huin - Painting is like a tango

Alain Lidralt - The differency

Nils Aziosmanoff - Travellers of the "In between"

Elen Riot - Palimpsest Universe

Koeli Mukherjee Ghose - Moving within

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Intercession

Les Hommes s’imaginent aériens alors qu’ils ne sont que racines, s’imaginent fragiles alors qu’ils sont l’éternité, pleurent sur leur isolement alors qu’ils sont communauté, et méprisent la splendeur tout en cherchant la beauté.

La peinture n’est pas un travail d’information.
Les peintres ne sont pas des journalistes.
Ils ne sont salariés par personne pour rendre compte de l’état réel ou supposé du monde.
Les journalistes parlent, les peintres peignent, c’est bien connu.
La peinture est le contraire d’un media.
Les media sont fabriqués comme des produits surgelés,dans des coopératives de banlieues par des ouvrières anonymes et transies.

La peinture, celle de Béatrice de Fays, est fabriquée lentement, dans l’entrelac mystérieux du souffle, du corps et du geste, par strates, par couches successives qui agissent et révèlent le monde au regard du passant. Ainsi, et ainsi seulement, la peinture s’inscrit au fronton des mémoires malgré les disparitions et les évanouissements programmés des « actualités ».

C’est par le geste, celui du peintre, que le vivant entre dans la peinture, « entre en peinture »… Et ce geste atteste de la réalité de la présence au monde de l’artiste, de son implication,même si les attributs concrets de cette implication restent (heureusement) opaques au regardeur distrait.

Béatrice de Fays agence et ré-agence sans fin des matériaux, recherche puis organise des « intercessions » entre les éléments rassemblés aussi disparates soient-ils.

L’œuvre réalisée se propose ensuite de devenir le lieu d’une seconde « intercession » entre le monde intérieur du peintre et les mondes ondoyants des visiteurs-invités. Intercéder, relier, transmettre : la trinité éternellement fondatrice de l’histoire du monde.

Pierre Bongiovanni - 2002.
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Intercession

Men think they are aerial when they are nothing but roots, fragile when they are eternity, they lament over their isolation when they are a community and they despise splendour while searching for beauty.

Painting is not an information work.
Painters are not journalists.
They are not paid by anyone to express the real or supposed state of the world.
Journalists speak, painters paint, that’s a well-known fact.
Painting is the contrary of a medium.
Media are produced like quick-frozen foods in suburban co-operatives by anonymous and paralysed women.

Painting, Béatrice de Fays’ painting is slowly created within the mysterious interlaced design of breath, body and gesture by strata, successive layers that operate and reveal the world to the passer-by’s eye. Thus and only thus painting comes to the face of the memories besides the scheduled disappearances and vanishings of “actualities”.

It’s by gesture, the painter’s one that living comes into painting, “joins painting”… And this gesture attests the reality of the artist’s presence to the world, attests her involvement, even if the concrete attributes of this involvement (fortunately) remain opaque to anyone glancing around.

Beatrice de Fays endlessly lays out and re-lays out materials, search for and organize “intercessions” between the elements brought together however dissimilar they may be.

The created work intends to become the place for a second “intercession” between the painter’s inner world and the invited visitor’s changeable worlds. To intercede, to connect, to transmit: the trinity, eternal founder of the history of the world.

Pierre Bongiovanni - 2002.
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La peinture est un tango

Au cours du processus créateur, la douleur de la rupture est porteuse de sens, toujours… elle témoigne de courage, de remise en cause du langage et, donc, de la personnalité et de la sensibilité au monde.

Les premiers travaux graphiques de Béatrice de Fays relevaient de l’illustration; c’est à dire qu’elle produisait des images qui n’étaient qu’un commentaire destiné à des domaines extérieurs à la création plastique proprement dite. Or l’exigence que Béatrice manifeste envers son travail implique un champ d’investigation plus large et débarrassé de toute connotation annexe, et ce besoin de radicalisation d’attitude la porte tout naturellement vers la peinture, mais pas n’importe quelle peinture,le sujet, ancré dans une réalité transposée à travers l’utilisation du document ethnographique implique une analyse du regard relevant d’un «réalisme » subjectif et critique; au sein du champ de l’Art,l’image ethnographique échappe à son milieu et devient universelle, son sens sociologique bascule dans le cadre d’une étique personnelle qui tend à restituer à l’homme une dignité perdue.

La transposition répétitive de l’image photographique à travers le geste donne finalement à lire des « instantanés d’instantané » et la sérialité, la répétition, sont la non pour souligner des analogies ou des similitudes, mais bien au contraire pour mettre en lumière des différences et nous montrer combien le regard est « menteur »; il s’agit bien là d’une « écriture » et la mise en espace du travail met bien en évidence la problématique de lecture de l’œuvre: lecture linéaire destinée à libérer un contenu émotionnel qui est de nature littéraire et critique, délibérément.

Le travail porte l’empreinte du lieu où il a été conçu et réalisé (une ancienne imprimerie désaffectée) mais il témoigne aussi de l’environnes?ment extérieur, des rencontres, des joies et des doutes rencontrés lors du séjour de Béatrice à Epinal: ces images ne sont pas pour autant « narratives », elles sont les traces d’un récit intérieur qu’il nous appartient de déchiffrer avec notre propre sensibilité. On mesurera les différences évidentes entre ce travail et les quelques pièces exposées réalisées lors d’un précédent séjour au CICV Centre de recherche Pierre SCHAEFFER : le lieu, cette fois, avait déterminé un travail beaucoup plus intériorisé, peut être plus « réfléchi » mais moins spontané, sans pour autant en altérer les qualités plastiques.

De même, le projet « Terre blanche » prévu pour le mois de mai 1997 au CICV Centre de recherche Pierre SCHAEFFER est d’une toute autre nature dans la mesure ou l’analyse, l’exploitation de l’espace de l’image et de sa perception à travers une « écriture » élargit considérablement le champ expérimental: il s’agit d’une installation qui fera intervenir l’image projetée, la vidéo, le film et le son. Il ne s’agit pas là d’ajouter quelque chose à la peinture (qui n’en a nul besoin), mais là encore de tenter de révéler l’essence même des choses. Les strates du palimpseste, les couches de matière qui se superpossent pour faire naître l’image sont révélées par le film et l’image projetée sur l’œuvre piège le spectateur dans l’œuvre. La peinture est une danse: il y faut une musique… Introspection à travers le regard des autres, cette installation sera à mon sens, avant tout peut être, un généreux geste d’Amour.

Bernard Huin - 19 décembre 1996
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Painting is like a tango

In the course of the creative process, sorrow from breaking off carries a sense, it always does… It gives evidence of courage, of calling language into question and therefore,of the personality and sensitiveness to the world.

The first graphic works by Béatrice de Fays participated of illustration; which means she produced images that were only a commentary intended for fields outside the plastic creation strictly speaking. Now as Béatrice requires a lot of her work,it implies a broader field of investigation rid of any supplementary connotation, and this necessity for radicalisation in attitude naturally leads her towards painting, but not any kind of painting. The subject, settled in a reality that is transposed through the use of ethnographic documents implies a view analysis related to a subjective and critical “realism”; within the Art field, the ethnographic image gets away from its environment and becomes universal, its sociological sense shifts to a part of a personal ethic that tends to give a lost dignity back to human being.

The repetitive transposition of photographic image through gesture finally allow to read “snaps of snapshot” and seriality, repetition aren’t used to emphasize analogies or similarities, but on the contrary to bring differences to light and show us how “false” the look is; it really is a question of “script” and the space setting of the work underlines the reading problematic of the work: a linear reading intended to liberate an emotional content that is deliberately of critical and literary nature.

The work wears the mark of the place where it has been conceived and created (an old closed printing house) but it also gives evidence of the outside environment, of Béatrice’s encounters, joys and doubts when she stayed in Epinal: but these images are not “narrative” ones, they are the marks of an inner narration we have to decode with our own sensitiveness. We will measure the obvious differences between this work and the few exhibited pieces created during a former residence at the CICV Pierre SCHAEFFER Research Centre: the place, on this occasion, had given rise to a much more interiorized work, maybe more “pondered” but less spontaneous, without spoiling its plastic qualities.

In the same way, the project “Terre blanche” planned on May 1997 at the CICV Pierre SCHAEFFER Research Centre is quite of another nature insofar as the analysis, the exploitation of the image space and of its perception through a “script” considerably widens the experimental field: it’s about an installation that will bring in screened image, video, film and sound. That is not a question of adding something to painting (nothing else is required), but still of trying to reveal the very essence of thing. The strata of the palimpsest, the layers of material that are superimposed to let the image appear are revealed by the film, and the image screened on the work traps the spectator inside the work. Painting is like a dance: it requires a music… As an introspection through the others’ eye, this installation will be first of all maybe, to my mind, a generous gesture of love.

Bernard Huin - 19 décember 1996
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La différence

L’œuvre d’art existerait-elle si elle n’était jamais confrontée à un public ?
L’évidence nous conduit à répondre non.
Ce public prend donc part à l’existence de l’œuvre, même s’il n’est pour rien dans son processus de création.

Avec une conscience aiguë de cette problématique, B2Fays apostrophe, interpelle, provoque ce public pour lui permettre, par l’entremise de technologies avancées, d’inscrire ses réactions dans l’œuvre même, dès les prémices de sa création. De cette rencontre naît un échange de signes, de traces visuelles et sonores de sa propre exploration et de la découverte de l’autre.

Cette entrée en peinture dépasse l’apparence et sans doute les individus dans leur trivialité pour atteindre le niveau de l’essence de l’être, l’énergie créatrice de l’humain, le souffle de l’âme.

Alain Lidralt - 13 juin 2005
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The differency

« Would the work of art exist if it was never confronted with a public ?
Obviously, the answuer is no.
Therefore this public takes part in the existence of the work, even if he has nothing to do with its process of creation.

Very conscious of this problematics, B2Fays questions, calls to, issues a challenge to this public to let him enter his reactions within the work, through advanced technologies, at the early beginnings of its creation. This encounter gives rise to an exchange of signs, visual and sound traces from her own exploration and from the discovery of the other.

Thus, going into painting goes beyond appearance and probably beyond individuals within their banality to be close to the essence of being, the creative energy of human being the breath ot soul. »

Alain Lidralt - 13 june 2005
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Voyageurs de "l'entre"

Avec sa nouvelle création immersive, Béatrice 2Fays nous invite à vivre une expérience artistique totalement réjouissante.

Voyageurs de "l'entre", nous voici emportés dans un flux luxuriant d'images, jouant de l'entrelat subtil de mille paysages en dentelles. Ces instants font écho à la poésie des carnets de voyages vidéo de Robert Cahen. Mais ici, nous voici acteurs du processus de création.

Nous voici impliqués, forcés à prendre possession de ce moi virtuel, cet "autre je" qui existe dans l'abondance des couleurs, derrière le miroir. Pas simplement pour le plaisir du jeu. Mais pour saisir un peu de nous-même dans cet éphémère espace-temps. Etre un instant corps à corps, à l'unisson avec le monde.

Une expérience généreuse, à l'image de celle qui, derrière sa machine, contrôle le flux de la matrice et donne vie à nos émotions.

Nils Aziosmanoff - 26 mars 2006
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Travellers of the "In between"

With her new immerging creation, Béatrice 2Fays invites us to enjoy a fullfilling artistic experience.

Travellers of the "In between", we are carried by a luxuriating stream of images, an interplay of subtle entwining laces of thousands of landscapes. These instants echo the poetry of video travel diaries by Robert Cahe. But here, we become the authors of this creation process.

We must commit and be in charge of this virtual self, this "other I" that exists in an infinite flood colours, through the looking glass. Not only for the sake of the game. But to capture a little part of ourselvred in that ephemeral time and space. In an instant,in-fight, in tune with the world.

A generous experience, as generous as the one who, behind her machine, controls the stream of the matrix and gives life to our emotions.

Nils Aziosmanoff - 26 mars 2006
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Univers Palimpseste

Cette oeuvre m’a intriguée, et c’est peut-être ce qui m’a fait choisir de travailler sur la créativité dans le cadre du numérique, avec les trois dimensions art/société et commerce, ou pour reprendre le terme exact "business" qui recouvre les dimensions organisationnelles et industrielles, en soulignant le caractère d’échange. Ce travail de thèse orienté vers la "théorie des organisations" comporte une dimension très pratique, qui est la présence sur le terrain et les interactions avec des acteurs clefs de la scène numérique, dont B2Fays.

...le projet-oeuvre "Univers Palimpseste" est inclassable. Selon moi, la spécificité de B2Fays est de remettre en question les catégories du temps, de l’espace et la perspective, avec un travail qui se fait systématiquement fi des barrières (frontièères culturelles entre la France et l’Inde et entre le monde du handicap et le monde des autres).

La beauté de l’image peinte permet de tisser le lien, mais il faut laisser le temps au corps de créer la surface et de pénétrer vraiment dans l’espace. Cette oeuvre fait sens à l’époque de "l’âge de l’accès" (Rifkin, 2000) où c’est l’expérience qui est centrale, mais elle est en contradiction par rapport au monde de l’art, avec les dimensions de décoration, de possession et de spéculation qui gouvernent sa logique (Moulin, 2003). Le constat de B2Fays face à ces enjeux, c'est qu’il faut se concentrer sur la vie, le vécu qui ne s’achète ni ne se vend puisqu’il s’agit d'une expérience voire d’une épreuve qui demande à s’ouvrir à "l’intuition de l’instant" par opposition à la thésaurisation ou à la fétichisation de la marchandise.

C’est la raison pour laquelle je pense que des projets comme "Univers Palimpseste" doivent se situer au-delà des clivages public - privé dans un "foyer" commun qui est celui de la réflexion sur les enjeux du développement durable. …

Le numérique est par ailleurs un outil qui permet de dépasser les frontières entre disciplines et entre cultures. Pierre Bongiovanni parle d'une "respiration commune" entre tous les acteurs du projet, et B2Fays d'un "corps pinceau" qui serve de mémoire à l’éphémère de l’instant.

... Il faudrait une structure suffisamment ouverte pour comprendre ensemble toutes les formes qui sont censées favoriser la créativité et l’échange que sa forme soit l’atelier, l’installation, la performance ou même l’exposition, ouverte à la promenade et à la découverte. On pourrait donc penser à une forme d'école (lycée), à un laboratoire sans chercheurs et à un centre d’activités non-productrices ce qui permettrait à différents acteurs de venir se greffer autour du projet. La structure de production qui me semble la plus capable de créer un "foyer" viable pour un tel projet serait défini par un ensemble d’acteurs qui s’engageraient à titre personnel dans le cadre de leurs institutions et qui seraient intéressés par l’exploration de nouveaux modes d’échange et de représentation

Pour conclure, je suis convaincue que beaucoup d'acteurs dans la société sont intéressés par ce que permet le numérique en tant qu’il modifie l’image, mais aussi la manière de voir et de se représenter les choses. Il s’agit donc de faire équipe et de trouver des ports d’attache. Ces équipées seront le lien entre différents continents, et la possibilité de rencontres autrement improbables ou complexes est aussi un don que nous espérons tous recevoir. C’est en tout cas ce qui m’encourage, à titre personnel, à tenter de trouver des combinatoires qui permettent à des projets comme "Univers Palimpseste" d’exister et de se perpétuer

Elen Riot - avril 2008
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Palimpsest Universe

This work intrigued me, and it may have cause me to work on creativity and digital technologies, with the three dimensions, art, society and economy, or to quote the precise term , "business", since it deals with organisation and industry and insists on their relatedness. Working on a Ph-D and dealing with "organisation theory" is in fact a very practical thing : you are in the field, and you interact with key actors of the digital stage, among which B2Fays.

… The project-opus "Universe Palimpsest" does not belong to any category. In my mind, B2Fays’s specificity is to challenge the categories of time, space and perspective and she systematically denies that barreers exist (cultural fronteers between France and India, between physically and mentally challenged people and others).

Other people may do that, but they do not rely on the beauty of the painted image as Beatrice does, creating ties and knots behind the surface. She lets time for bodies to create this surface and really delve into space. This work makes sense at the "age of access" (Rifkin, 2000) where experience is central. It is, consequently, in contradiction with the art world, where decoration, possesion and speculation are the dominant logic (Moulin, 2003). B2Fays concludes that one should face these issues by concentrating on life, lige which cannot be bought or sold, since it is an experience, and sometimes a challenge. One needs to be ready for the "intuition of the instant", by opposition to accumulation of fetichisation of the merchandise.

This is why I believe that works like "Palimpseste Universe" should be situated beyond public and private oppositions, around the common fireplace where the though of the future is for ever kindled, via ideas such as sustainable development. Digital tools can go crossborder in disciplins and cultures. Pierre Bongiovanni speaks of a "common breath" between all the different actors of a project an B2Fays of a "body paint brush", memory of the ephemeral instant.

… An open structure should exist, which would carry together all the shapes and forms favouring creativiy and exchanges, whether it be a workshop, an installation, a performance or even a show, good for wonders and ventures. One would even think of a sort of school the old "lycée"), a laboratory with no faculty or a non-productive centre which would offer gathering for different people. The production structure which, to my mind, would offer the most "viable" place for the fire of creation would be defined by a group of actors who would commit personnally and engage their institutions. They iwould like to explore new exchange and representation modes.

In the end, I am convincend that many actors in society would be interested by what digital technologies can allow us to do : it changes images, but also, the way one looks at them and even mental representations. One should team up and find harbours. These sailings will link different lands, and allow improbable and complicated meetings, such as they always should be, to make us stronger than we are. This gift, we are all dreaming of it. This is, at least, what gives me courage,for myself, to thread my combinations which make it possible for such projects as "Universe Palimpsest" to exist.

Elen Riot - avril 2008
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Mouvement interne

“Une discussion n’emmène pas forcément à quelque chose de concret. Par contre, la présence d’une œuvre d’art répond à des questions : sa présence apporte des solutions” – B2Fays

B2Fays vient de France, elle est l’auteur de “Univers Palimpseste”, un projet multimédia global. Elle n’a pas de formation institutionnelle mais une expérience d’au moins 25 ans. Ses travaux ont été exposés lors d’une exposition durant sa résidence à la “ Fondation d’Art Kalahita” du 26 janvier au 21 mars 2009.

Une combinaison d’éléments qui mélangent culture, romance, histoire, fantaisie et réalité.

Tout commence là où les raisonnements conscients finissent et là où l’artiste est libre de taire les nombreuses histoires qui s’infiltrent dans l’image : elle choisit de dire seulement ce qu’elle veut dire. L’image court, grandit à l’intérieur de ceux qui la regardent, car ils y ajoutent leurs propres réflexions et lui donnent une nouvelle définition.

B2Fays rassemble peinture, photographie et projection numérique sur des matériaux de son choix. En Inde, elle a choisi de travailler avec du coton utilisé pour faire des emballages, des tissus traditionnels dont elle utilise l’amorce comportant des impressions locales. Ces images deviennent les traces d’un souvenir, ce qui l’emmène à positionner ses images comme des couches physiques et à exprimer une émotion en fonction des moments. Elle travaille simultanément dans différents espaces : un espace éclairé, où elle peint de manière spontanée sans aucune image de référence, et un espace sombre où elle projette ses propres photographies, comme pour ajouter des couches à ses travaux.

Ses photos sont prises comme des séquences : elles capturent mouvements et changements. Tout cela arrive sans aucun pré-conditionnement, la réponse est instinctive. Par la suite, l’artiste observe les photographies et les contemple avec la précision d’un détective. Elle déchiffre le langage du corps et identifie des changements imperceptibles.

Dans son installation “Digital Palimpsest” qui s’est déroulé à Hyderabad, les installations en réseau “Univers Palimpsest” entre Paris et Mumbai, et dans ses peintures réalisées à Cochin et Hyderabad, B2Fays uni l’immobilité et le mouvement. Il y a une intention émotive à contempler, choisir et s’adapter à différentes cultures. Elle fait intercéder sa peinture avec des projections audiovisuelles et successivement la projection provoque un mouvement, qui ajoute une strate bien distincte à l’ensemble.

Par son travail, B2Fays a une approche particulière de certains évènements : une rencontre avec des personnes ou une sélection de photographies lui permettent de bouger à l’intérieur de la ville et regarder de plus près sa culture. Elle arrive également, en rappelant et résumant des expériences du passè, à les concilier ou à poser des questions. Dans son processus, comme elle travaille sur plusieurs pièces en même temps, une peinture conduit à une autre peinture.

Il existe un dialogue actif entre le matériel et la couleur. Il y a délibération lorsqu’elle met de la peinture sur la surface, et l’attitude candide du trait donne des formes à un flot de pensées inconscientes. Le dessin au crayon est essentiellement une prolongation d’une strate peinte, il ajoute quelque chose au sujet traité, mais n’apporte pas nécessairement la même vision : tout est différent.

Il est important pour l’artiste que la planification et la réalisation soient visibles à travers toutes les strates, jusqu’à la dernière. Le matériel dans son état original est une connexion avec la réalité mais cette information est graphique. À un certain niveau, les préparatifs de la création sont primordiaux, à un autre, l’interaction est en action.

L’utilisation peu conventionnelle du “lavage” des matériaux permet aux images de s’estomper ou de disparaitre en partie, tandis que d’autres formes émergent. B2fays se sent alors comme une enfant en train de jouer : libre des raisons, mais pas des responsabilités.

Il y a également un dialogue entre elle et l’image. Dans la peinture de “l’enfant qui se dessine”, on en déduit, à l’expression, que toutes les femmes sont emprisonnées, où qu’elles soient. Mais l’image exprime l’idée de s’en sortir à travers l’acte de création. Visualiser une inspiration est un moyen de trouver son propre potentiel. Finalement il existe une possibilité de transformer, et cela définit sa raison de peindre.

Dans ses images, les personnages sont vivants. Ils se retournent et montrent au regardeur ce qui se passe, en changeant l’état d’uniformité, en quelque chose d’autre qui émerge. Comme en opposition, ils échangent des expériences contraires avec d’autres personnages. Bien que la peinture apparaisse comme inerte, elle est dans un processus de changement et d’évolution continu. Elle émerge et se dissout, rien n’est impératif.

B2Fays transmet activement la notion que le temps prend fin, se répète, change de vitesse ou s’arrête complètement à certain moment et que dans un certain sens, tous les évènements arrivent simultanément. Sa création mélange les genres : dessins, graffitis, réalisme, expressionnisme et multimédia. Tout est instinctif et tente d’unir deux cultures en temps réel, au travers des moyens de la création.

Dans ses travaux, le transport est une icône en soit, c’est un message. Le matériel en coton utilisé pour faire des emballages représente le transport. La question qui s’ensuit est la suivante : qu’est-ce que l’artiste emporte dans ses travaux ?
Alors que l’artiste explore sa quête de connexion, elle est perplexe à la vue des gens qui se déplacent et tissent des réseaux de communication juste en travaillant, en parlant ou en utilisant leurs corps pour soulever et porter quelque chose. Elle se demande “qui transporte quoi ? Et où ? ” Mais, même si la langue est une barrière, elle comprend leurs gestes, leurs manières de vivre. Elle devient consciente que les gens sont obligés d’interagir, vu qu’ils sont dans une situation telle qu’ils doivent aller d’un endroit à l’autre. Elle est attirée par le lien qu’elle perçoit entre les gens d’ici.

L’image est dramatique dans sa disposition en couches successives, passant d’une identification historique statique en une représentation de la vie publique. La projection numérique provoque le mouvement et le processus, par son incongruité et son intention de “laisser faire”, devient lui-même une image.

Koeli Mukherjee Ghose, Conservateur et historien d’Art - avril 2009
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Moving within

“Discussion does not necessarily lead to something concrete but a work of art stays in time and answers questions and its being there leads to solutions” – B2Fays

B2Fays is from France, the creator of “Universe Palimpsest” a Global multimedia project. She has no institutionalised training but a life at work for 25 years. The works showcased in the exhibition happened during the residency at the Kalahita Art Foundation from January 26 to March 21, 2009.

Combining elements of culture, romance, history, fantasy and reality.

It all begins where conscious reasoning ends and the artist is free not to speak of the many stories that permeate the image and only choose to say what she wants to say. The image runs, grows in those who see it, as they add their own reflections to it and give it new meaning.

B2Fays brings together painting, photography and digital projection on materials of her choice. In India she has chosen to work with cotton fabric, used for making parcels and traditional drapes with local stamp signatures, as image souvenirs, that lead her to position her images in terms of physical layers and emotional responsiveness to instances. She works in separate spaces simultaneously, an illuminated space, where she paints spontaneously without any image reference and another space that is dark wherein she projects her own photography, to add layers to her works.
Pictures are taken in sequence, they capture movement and change. This happens without a prior preconditioning, her response is instinctive. The artist later observes the photographs and contemplates with a precision of an investigator. She deciphers the body language and identifies subtle changes.

In both the “Digital Palimpsest” hosted in Hyderabad, the “Universe Palimpsest” in Mumbai and her paintings in Cochin and Hyderabad, B2fays conjuncts stillness and movement. There are emotional intentions to contemplate, select and adapt to a different culture. She intercedes her painting with audio visual projections, the projection sequentially induces movement and adds a distinct layer.

B2Fays approaches a particular work with a certain happening, an encounter with people or with photographs she has taken, to move within the city, and take a closer look at its culture. The work also becomes an area where she is able to recall and abstract experiences of the past and reconcile or raise questions. In her process one painting leads to another as she works on many pieces simultaneously.

There is an active dialogue between the material, color, her deliberation in laying paint on to the surface and the candid attitude of lines giving form to a stream of unconscious thoughts. The drawing in pencil is essentially the prolongation of another layer as the line drawings add to the same subject but not necessarily speak of the same vision, they are all disparate.

It is important for her that the planning and realization is visible through all the layers till the last layer. The material in its original state is a connection with reality but this information is graphic. At one level her preparation to create takes over and at the other point the interaction is at work.

Her unconventional use of washing off of the material allows images to vanish or partially disappear, while other forms emerge. She then feels like a child at play, free from purpose but not free from responsibility.

There is also a dialogue between her and the image. In the image of the child drawing herself, her expression divulged her inference that all women are imprisoned, no matter where they are, the image is expressive of reaching out through the act of creation. Visualizing an inspiration is a way to find one's own potential. Finally there is the possibility of transformation, defining the purpose of painting.

The characters in the images are living. They look back, showing the viewer what is happening, changing its state of oneness into something else that is emerging from it. There are opposites that emit experiences of the contrary involution of other characters. Although the painting appears to be inert, it is in a constant process of becoming. It emerges and dissolves. No one thing, remains imperative any more.

She actively conveys a notion, that time lapses, repeats, changes speed, or stops altogether at a moment in time, and that all the events in some sense happen simultaneously. Her image making crosses genres of instinctive drawings, graphitti, realism, expressionism, and multimedia and attempts to unite two cultures, in real time through creative means.

In her works transportation is the icon itself, it is a message. The cotton material, used for making parcels is a signifier of carriage. The question that ensues is what is the artist carrying in her works? While the artist herself explores her quest for connection, bewildered by the sight of people moving, weaving a network of connection by working, talking, using their bodies to lift and to carry. She asks herself “who is transporting what? and where to?” Although language is a barrier, she understands their gestures, their way of life. She becomes conscious that people are bound to connect, since they are in a situation where they have to move from one place to another. This connection that she sees between people here, attracts her.

The image is dramatic in the layering of static historic identifications and representations of public life. The digital projection induces movement and the process itself is an image in its incongruity and intention to “make a way into” .

Koeli Mukherjee Ghose - March 2009